| concours

03.12.2007

Grand nettoyage

 

 

J’ai mis de l’ordre dans des papiers, et je me suis, comme chaque fois que l’on ne s’y attend pas, retrouvée confrontée au passé, à des évènements que je n’ai pas vécu en direct, auxquels on ne m’ a pas conviée et qui pourtant me concernaient directement.

Le mariage de mes parents en 1960,  et le désir de ma maman de nous adopter Nanou et moi !Ah, quand on accepte que son futur mari ( marié alors avec une autre femme) adopte les deux filles nées d’une union hum, pas vraiment légale, c’est une chose !

Que les gamines portent désormais le nom de ce père adoptif, c’en est encore une autre, mais qu’enfin, divorce ayant eu lieu entre les soi-disant époux légitimes et mariage s’en étant suivi entre mes parents, ma mère se retrouve sans attribution : épouse d’un homme qui a adopté deux filles qui portent désormais son nom …

Ses deux filles, dont elle est la mère naturelle mais non reconnue, puisque ayant laissé adopter ses enfants, par son conjoint ( à l’époque son amant), cette ma- mère-femme, n’avait plus aucun droit sur elles, aucune existence ! Je peux comprendre qu’elle ait alors voulu nous adopter aussi, ma sœur et moi, provoquant par la, des effets qu’elle ne mesurait pas, à savoir que nous porterions désormais , selon les formules, soit le nom de maman , soit le nom de mon père adoptant adjoint de celui de ma mère –adoptante.A grand renfort d’avocats et de conseils notariés en tout genre, je ne sais pas qui a eu raison de cette affaire pour le moins absurde…..si ce n’est qu’en lisant l’acte de succession de papa ( à sa mort inopinée en 1970),le notaire nous appelle ma sœur et moi du nom de Jafer (nom de ma mère). Mais  par ailleurs, sur tous mes documents officiels figure toujours la mention de Jafer Michelle et Marie-Anne adoptées par Joseph Angel karel Brass, et  « qui porteront dorénavant ce nom »…c’est ce qu’on nous promet depuis 1954 !!!Malgré mes recherches, je n’ai trouvé nulle part, jusqu’ici , un texte légal d’adoption de la part de maman. Je crois, que dépitée par les  circonstances compliquées de notre histoire familiale, les difficultés financières s’y étant rajoutées lors de la faillite de papa, ce désir maternel d’adopter ses filles ne s’est jamais concrétisé….mais j’aimerais tellement finir par trouver un acte qui me prouve le contraire….Je suis l’enfant de sang de mes deux parents , et cela je le sais ! n’importe quel test ADN aurait pu le prouver…,mais c’est trop simple !…et surtout trop tard.La loi et les circonstances ont tout compliqué : au final, je suis légalement la fille adoptive de monsieur Brass, fille reconnue de Jafer, Hélène, dont elle a perdu tous les droits en signant  cet acte notarié.Depuis qu’ils sont tous morts, mes parents et ma petite sœur Marie-Anne, je ne suis désormais la fille de personne , mais je garde le nom du père, parce qu’il nous fut cher et chair .Je le garde, jusqu’à ce que moi aussi je sois effacée de l’ardoise des vivants, je le garde comme un cadeau précieux.Après moi, ce nom disparaîtra : mes enfants sont des fils qui portent le nom de leur père !A quoi ça sert , les mères dans l’histoire du monde ?A faire de toute façon des petits, qui lois ou pas, ne seront jamais que les enfants de leur cœurs, de toute éternité de femme anonyme, élan d’amour primordial,créatrice d’humanité….

12.04.2005

In Nomini Pater


 
 
 
 
 
In Nomini Pater:
 
Comment écrire ce nom, père,
que tu m'as donné
comme une semence,
celle qui fait germer les arbres
en terre de liberté ?
 
Comment projeter à mon tour
vers l'avenir,
le déjà passé de l'instant,
lorsque meurt dans ma chair
un homme de plus
par la main d'un autre homme ?
 
Comment grandir dans la sagesse,
si ce n'est en cherchant en soi
une soif d'eau vive,
pour souffrir à jamais
de boire
sans être abreuvé?
 
Comment écrire ce nom, père,
que tu m'as donné,
pour qu'il soit en moi
de toute éternité
l'essence et la matière?
 
Comment écrire ce nom, père,
dans les jours égoïstes ,
les fois aveuglées
et les visages tristes
de mes frères humains?
 
Enfin,
Comment écrire ce nom, père,
dont je reste à présent
la dernière héritière ?
Comment l'offrir
aux petits de mon sang,
ailleurs que dans l'amour ?



Quête


 
 
 
 
 
 
 
Quête
 
 
Quelque part, une moiteur d'encre
et l'haleine figée
d'un monde qui s'éteint:
 
C'est ma terre sanglante...
 
Ma nausée est inutile,
ma force sans effet.
 
Dans l'étang bleu
qui reflète l'oiseau mort,
je cherche le soleil,
un signe, mon frère,
aux dimensions d'homme.
 
Qui pourrait à nouveau
s'éblouir d'un regard,
s'émouvoir d'un sourire,
écrire sur le sable
des continents de paix,
chanter au vent
sa foi écartelée ?

21.12.2004

Empathie, y presume ?

 
 
 
Je m'interroge encore
sur la pourquoi de la souffrance,
sur l'abîme insondable
de la main qui implore
à la main qui comprend.
 
J'écoute mon âme s'égarer,
pulsatile,
dans une onde aiguë
où ma bouche brûlante
n'est qu'un souffle inutile.
 
Les mots sont vains
à guérir les blessures
et la douleur suinte,déborde, ruisselle, inonde, noie...
 
je reste debout;
mes yeux de larmes stériles
comtemplent l'impuissance
de ma raison :
Moi,
je n'ai mal
que dans le coeur

21.06.2004

charrie vari or not vari ????

 
 
 
 
Si l'oie oit, je suis, disais-je....
 
Alors , ce sera un éclat de ciel dans l'absurde ,
un parcours génétique  au sablier du temps,
un chant d'oiseau lyre prisonnier des mensonges,
un corps d'homme en fusion,
une marée sauvage, un signe dans le vent.
 
Je me souviens,
je me souviens ,
chaque molécule reconnait chaque ion,
vibrante hélice dont je suis tatoué,
dans ce moi "tout "et "rien"...
Je me souviens;
 
 
Qu'oit l'oie là-dedans ?
Peut-être un pas de plus, une trace de mémoire inaugurale....

24.05.2004

Mon Arbre

 

 

 

Entre l'oie et l'arbre 

il est un monde à part,

quelques brins d'illusion

pour que naisse l'histoire : 

 

Les humains sont étranges….

ils n’ont rien compris

à l’édification de l’arbre.

 

Ils n’ont pas perçu encore

les pulsations de vie sous l’écorce.

 

Présentations: Dans un autre blog, vous trouverez les "Contes de l' Arbre Pendu." http://aromatics.skynetblogs.be

En réalité, l'Arbre est bien antérieur à l'histoire des sorcières Sigrène et autres contes.

 

Arbre pendu,

mon ami de toujours,

mon presque frère de sève,

mon confident.

 

  Arbre pendu de verdure sauvage,

arbre de sang,

arbre pendu de racines de mandragore

en exorcismes.

 

Arbre de sorcières de vie,

de sagesse inaugurale.

 

Arbre pendu,

automne

et maître des souffrance,

printemps et tempêtes de fleurs,

été et braises,

acres fumées d’ombres.

 

Arbre de liberté,

ouvert vers l’infiniment ciel,

éternité en marche;

 

Arbre  pendu,

pendu de ma vie

à chaque écharde,

à jamais gardé de l’hiver…

 

Je m’assied au pied de ton grand corps,

dans ta fraîcheur moussue,

je renifle des arômes

de chanterelles et de mûres.

Il me tarde de te retrouver,

de te découvrir.

 

Voilà, je t’écoute dans la brise.

 

Je t’écoute, 

fil rouge de la création ,

inscrit, tatoué bien en deça ,

au-delà et à travers les ramures .

 

Tu sais les saisons,

les temps de vie,

les passages d’hommes,

les dynasties d’oiseaux lyre,

les écureuils volants,

les strates , les sédiments,

les tapis de bluets et de jacinthes sauvages,

les cadavres de mulots,

les soupirs des vents d’ouest

aux relents de marées originelles.

 






17.05.2004

éclosion


 

 
 
 
Les petites boules de vie
s'enroulent dans des cocons,
et passe le temps et passent les saisons,
les petites boules de vie
cultivent le mystère.

Tous les oeufs de la terre
dansent dans leurs cocons
au ventre doux des mères
de plumes ou de chair.
L'ivresse les surprend
l'insouciance les berce
les petites boules de vie
apprennent la tendresse.

Le sortir du néant
c'est le venir au monde,
c'est le feu et la glace,
c'est la peur et l'espace
c'est le sortir de l'onde.
Les petites boules de vie
s'enroulent poings serrés,
au creux de leur coquille ,
de leur rêve brisé.